La mort n'est pas l'extinction

La mort est aussi une des questions sur lesquelles beaucoup de fausses idées sont véhiculées. On considère un mort comme quelqu'un qui, tout simplement, périt. Et à cause de l'information erronée qu’ils ont de l'au-delà, de la vie éternelle, du paradis et de l'enfer, les gens ne croient généralement pas à la résurrection ou alors se hasardent à de vagues convictions. De ce fait, la grande majorité d’entre eux pensent avoir définitivement perdu un être qui meurt. Mais il s’agit là d’une attitude complètement orientée. Au moment où l’on naît (une fois que l’on existe dans le royaume de Dieu), notre vie éternelle commence. Et, comme tous les autres moments durant notre vie, la mort n’est qu’un simple moment, qu'une expérience parmi d’autres, mais en réalité, nous sommes toujours vivants. Tout ce qui vient avant et après la mort, tout ce qui se rapporte à notre vie est conservé, sans aucun changement. La mort d’une personne, à titre d’exemple, pousse ceux qui la pleurent à dire: "C’est malheureux qu'elle soit morte; elle était si jeune". En fait, tous les détails de sa vie, les souvenirs de son enfance, sa naissance et sa famille continuent à exister. Ils ne s'effacent pas, ni ne disparaissent. Tout son vécu est conservé. Tout est simplement effacé de notre mémoire, comme une nécessité de la mise à l’épreuve dans ce monde; mais ce n'est en aucun cas leur non-existence.

Et pour Dieu, la naissance, la vie et la mort d'un homme se produisent et s’achèvent simultanément. Cela s'applique à tout le genre humain. Tous les êtres humains viennent à la vie et meurent en cet instant précis. Et, tous sont ressuscités et envoyés au paradis ou en enfer. En réalité, personne ne meurt et personne n'est insignifiant; tous les individus sont vivants pour toute l'éternité. Dans l'éternité, l'homme ne passe qu’une partie de son temps dans le monde et durant cette période, le lieu de son séjour final - le paradis ou l’enfer - est déjà connu. Or, à ce moment précis, certains de ceux vivant actuellement dans ce monde sont au paradis pendant que d’autres sont en enfer. Le Qor’an met l’accent sur cette précision. Dans beaucoup de versets touchant au paradis et à l'enfer, le temps présent ou le passé sont utilisés pour parler de la vie dans l'au-delà, ce qui incite à croire que tous ces incidents ont bien lieu en un seul moment:

Les gens du paradis sont, aujourd’hui, dans une occupation qui les remplit de bonheur; eux et leurs épouses sont sous des ombrages, accoudés sur les divans. (Sourate Ya-Sin - 36, versets 55-56)

Et ceux qui avaient craint leur Seigneur ont été conduits par groupes au paradis. Puis, quand ils sont parvenus et que ses portes se sont ouvertes ses gardiens leur ont dit: "Salut à vous! Vous avez été bons: entrez donc, pour y demeurer éternellement." Et ils ont dit: "Louange à Allah qui nous a tenu Sa promesse et nous a fait hériter la terre! Nous nous installons dans le paradis là où nous voulons". Que la récompense de ceux qui font le bien est excellente! Et tu vois les Anges faisant cercle autour du Trône, célébrant les louanges de leur Seigneur et Le glorifiant. Et il a été jugé entre eux en toute équité, et il a été dit: "Louange à Allah, Seigneur de l’Univers". (Sourate Ezzoumar - 39, versets 73-75)

Et les criminels ont vu le Feu. Ils étaient alors convaincus qu’ils allaient y tomber et n’en ont pas trouvé d’échappatoire. (Sourate El Kahf - 18, verset 53)

Dans notre vie, un autre mystère important s’impose. Pendant qu’ils pleurent leur mort, les gens ne considèrent pas qu'ils sont, eux aussi, morts et ressuscités. Car en fait, la naissance et la mort d'une personne se produisent simultanément. Les détails les plus insignifiants de notre vie, de notre mort, de notre résurrection et de notre vie éternelle sont conservés dans l’optique de Dieu. Autrement dit, tout se passe en ce moment même. La mort et la résurrection ne sont pas des incidents qui interviennent à des moments distincts.

Les gens sont nés dans l’intemporalité. Tout comme ils meurent dans l’intemporalité, ils sont ressuscités dans l’intemporalité et, de ce fait, en ce moment même ils sont en vie. Dès le moment où Dieu crée l'homme, il est un être éternel. En d’autres termes, il commence sa vie sans fin et devient vivant pour toute l'éternité. Entre temps, il est aussi témoin de sa propre mort comme une petite parcelle de l’ensemble. Comme il se voit vivant durant toute sa vie, il est témoin de sa mort, mais uniquement en une seule occasion.

L’exemple suivant apportera plus d’éclaircissement au sujet. Dans le Qor’an, Dieu nous apprend que le sommeil est aussi créé comme une forme de mort. Ainsi, chaque nuit nous sommes témoins de notre propre mort quand nous nous endormons et sommes témoins de notre propre résurrection au réveil. Ce fait est clairement exprimé dans le verset suivant:

Allah reçoit les âmes au moment de leur mort ainsi que celles qui ne meurent pas au cours de leur sommeil. Il retient celles à qui Il a décrété la mort, tandis qu’Il renvoie les autres jusqu’à un terme fixé. Il y a certainement là des preuves pour des gens qui réfléchissent. (Sourate Ezzoumar - 39, verset 42)

A partir de là, l'homme est sans cesse témoin de sa mort et de sa résurrection tout au long de sa vie. Et, de façon identique il verra aussi sa mort réelle. Par conséquent, que ce soit sa naissance, sa mort et sa résurrection ainsi que sa destination finale, tout est connu pour Dieu. Et donc, l'homme est éternellement vivant pour Dieu. Tous ces événements ont déjà eu lieu et se sont déjà achevés pour Dieu. C'est pourquoi, la mort, au sens où elle est généralement entendue, n'est ni la fin, ni la disparition.

En tenant compte de cela, pleurer pour quelqu'un qui meurt et être désolé de sa mort semble tout simplement irrationnel. Un jeune homme, un enfant ou une personne saine qui meurt, après tout ne périt pas; tous continuent à exister dans le meilleur état possible. Pour Dieu, chacun d’eux est vivant. C'est une très claire indication de la grandeur de Dieu qui est également affirmée dans le Qor’an:

Allah! Point de divinité à part Lui, le Vivant, Celui Qui subsiste par Lui-même "El Qayyoum". Ni somnolence ni sommeil ne Le saisissent. A Lui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Qui peut intercéder auprès de Lui sans Sa permission? Il connaît leur passé et leur futur. Et, de Sa science, ils n’embrassent que ce qu’Il veut. Son Trône "Kursiy", déborde les cieux et la terre, dont la garde ne Lui coûte aucune peine. Et Il est le Très Haut, le Très Grand. (Sourate El Baqara - 2, verset 255)


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